Folk Off

Le révolutionnaire du dimanche

Le révolutionnaire du dimanche
Rentre chez lui
La pancarte à l’appui
Sur son épaule
Dedans la pluie
C’est l’appel du lit
Demain c’est lundi et mardi et mercredi

Le révolutionnaire du dimanche
Se retrousse les manches
Les fin de semaines
Il a des tatouages
Mais son ramage
Dans les parages
Est périmé de son plumage

Il a des cors aux pieds
Et les jointures usées
Dans son retour tranquille
Il a les poings serrés par crainte de s’envoler

Le révolutionnaire du dimanche
A un trouble dans la hanche
Il est toujours plié d’un côté
Quand il veut crier
Ça fait du silence
Quand il veut bouger
Il tombe comme en transe

Il n’a plus de moyen
Et bien qu’il n’en dise rien
Il est bien mal en point
Il voudrait que ça change mais jamais perdre au change
Pensant que tout s’arrange
Que les objets se rangent

Mais le temps derrière lui ne fait que s’en aller
Il est toujours passé et ça le fait sacrer d’être encore démodé

Le révolutionnaire du dimanche
Sa taille une grosse tranche
De vie dedans la mie de son pain quotidien
Il n’a pas de prochain
Pour venir après lui
Et celui qu’il suivait très très loin disparaît
Il rejoint son salon
Et sa télévision
Ses cossins de maison
La poussière sur les murs est rendue tellement dur
Que c’est comme du stuco
Ça finit par faire dur
Quand la mode disparaît
Et qu’enfin les épais sont démasqués pour vrai
Il se dit pis après

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